Faut-il arrêter de se faire vacciner ?

Les gens se considérant comme anti-vaccins constituent un ensemble de personnes qui s’opposent ou se méfient des vaccins et de l’acte de vaccination. Parmi les plus réfractaires, certains nient l’existence d’un lien entre la disparition d’une maladie et la vaccination ou encore associent cette dernière avec l’apparition d’effets néfastes graves. Dans un cas comme dans l’autre, ils s’opposent à la vaccination ou la condamnent. En quelques minutes, laisse-moi t’éclaircir sur les raisons pour lesquelles une partie de la population reste méfiante à propos de la vaccination.

D’où ça vient ?

Les anti-vaccins existent depuis aussi longtemps que les vaccins ont vu le jour. La raison de leur existence trouve ses racines dans des scandales historiques dus à la vaccination. On retrouve des incidents sanitaires depuis le tout premier vaccin mis au point par Edward Jenner contre la variole. À cette époque, au 18ème siècle, le problème n’était pas le vaccin mais la manière de l’inoculer (ils n’étaient pas trop au point sur l’hygiène), c’est-à-dire de bras-a-bras (en gros, tu piques dans un bras, tu inocules, tu piques avec la même aiguille dans un autre bras, etc…). C’était plutôt un moyen ultra efficace de contaminer toute une série de personnes en un laps de temps très court.

Aujourd’hui, c’est la méfiance générale vis-à-vis des lobbys pharmaceutiques qui inquiète beaucoup de monde. Les vaccins ne sont plus une découverte scientifique mais plutôt une étape banale et obligatoire de la vie, un petit produit qu’on nous injecte dans le bras (ou ailleurs…) en nous promettant que ça va nous protéger des maladies les plus graves que le monde ait connu. Pourtant, une grosse partie de la population n’a aucune idée du fonctionnement d’un vaccin (mais ça, c’est avant que tu lises cet article). Il est donc presque logique qu’une méfiance s’élève à l’égard des vaccins.

Mais quels sont leurs arguments ?

Selon certaines sources, les vaccins entraîneraient l’apparition de maladies suite à leur administration.

Par exemple, on retrouve le Gardasil (vaccin contre le papillomavirus humain responsable du cancer du col de l’utérus). Après l’avoir reçu, de nombreuses jeunes filles ont développé certaines maladies auto-immunes comme la sclérose en plaque. 35 plaintes auraient été déposées en France entre 2013 et 2014 et on estimerait le nombre de cas à 40 par an. Le vaccin contre l’hépatite B a également donné suite à plusieurs cas de sclérose en plaque en 2001 parmi de nombreux cas d’affections démyélinisantes centrales (qui te détruit les fibres nerveuses).

Un autre argument est la présence des substances à l’intérieur des vaccins. Pour faire simple, on y trouve : les antigènes de l’agent pathogène et des adjuvants qui ont plusieurs rôles (dont celui de favoriser l’action du vaccin, d’où la lecture de cet article !). Ces adjuvants peuvent être de plusieurs types. On retrouve de l’aluminium, du mercure, du formaldéhyde, et d’autres encore qui sont connus pour être neurotoxiques et cancérigènes. On met d’ailleurs souvent en lien la présence de ces substances avec l’apparition des maladies incriminées dans l’argument précédent.

Et enfin, la vaccination serait inefficace pour éradiquer une maladie. Cette dernière pourrait disparaître uniquement avec de bonnes pratiques d’hygiène et une alimentation saine. La diphtérie semble être à la source de chiffres qui parlent d’eux même puisque le taux d’incidence de la maladie aurait diminué sans vaccination. D’autres maladies ont également montré une diminution de ce taux dans des régions ou la vaccination n’était pas appliquée ou avant même que la vaccination ne soit mise au point.

Ok, je vais arrêter de me faire vacciner !

HEP pas si vite ! Comme dans toute controverse, il y a des opposants qui ont construit eux aussi un argumentaire solide.

Notamment, les chiffres (pourtant bien réels) avancés par les anti-vaccins sont à remettre dans leur contexte. Quand une maladie apparaît selon un certain taux chez les vaccinés, on se rend compte que celui-ci est exactement le même chez les non vaccinées. Une causalité est donc établie trop hâtivement. On notera d’ailleurs la dernière phrase du communiqué présentant les cas de sclérose en plaque « les données sont en faveur d’un rejet de l’hypothèse d’une relation causale entre l’administration du vaccin contre l’hépatite B chez l’adulte et la survenue de sclérose en plaques ». C’est comme si tu décides de porter des chaussettes rouges un matin et que le soir même, tu te casses le bras. Tu ne te casses pas souvent le bras. Tu ne portes pas des chaussettes rouges chaque jour mais ça ne veut pas dire que tes chaussettes rouges sont la cause de ton bras cassé. En gros, pour établir une vraie causalité, il faudrait estimer si les gens qui portent des chaussettes rouges se cassent plus souvent le bras que ceux qui ont des chaussettes blanches (article en cours d’écriture).

Concernant les adjuvants, une erreur souvent commise est la confusion entre les différents produits utilisés dans les vaccins. C’est le cas du mercure. Dans un des vaccins ou il a été incriminé, le mercure est métabolisé dans le corps humain en mercure d’ethyl. Confusion au sein des anti-vaccins qui ont avancé la toxicité du methylmercure comme argument, à la place du mercure d’ethyl. L’aluminium quant à lui possède réellement des effets secondaires mais il n’a pas été démontré de lien entre l’infection et la vaccination. De plus, même si effectivement ces substances sont nocives, elles ne le sont pas aux doses infinitésimales dans les vaccins. Et n’oubliez pas :

Tout est poison, et rien n’est poison ; ce qui fait le poison c’est la dose.” Paracelse.

Quant à l’efficacité d’un vaccin, ce serait extrêmement simpliste (et presque insultant pour la recherche médicale) de dire que si une région sans vaccin voit l’incidence d’une maladie plus faible, c’est parce qu’il est inefficace. De nombreux paramètres sont à prendre en compte, notamment l’exposition au virus, le taux d’immunité, etc… au sein d’une population pour justifier qu’une incidence va diminuer dans certaines régions où la population n’est pas soumise à un plan de vaccination. Par contre, on a pu démontrer une augmentation de cas de certaines maladies suite à une recrudescence de mouvements anti-vaccins et de leurs arguments convaincants pour entraîner un recul de la vaccination.

Pour finir, il n’existe absolument aucune étude scientifique (malgré les nombreux essais) qui confirme un seul argument anti-vaccin.

La seule qui a, un jour, fait du bruit était celle démontrant le lien entre vaccin et autisme. Mais… cet article a fait l’objet de scandales, dollars et tricheries pour devenir l’un des arguments les plus bidons de la controverse. L’histoire ? Andrew Wakefield a publié en 1988 un article choc voulant démontrer un lien significatif entre la vaccination et l’autisme chez les enfants. Après l’effet sensationnel de cet article, d’autres experts se sont penchés dessus et ont pu démontrer que les résultats avaient été faussés pour que la conclusion colle avec l’hypothèse. L’article a été retiré et Wakefield s’est vu retirer le droit d’exercer la médecine. Des conséquences bien dramatiques pour un argument pourtant encore parfois mis en avant.

Par contre, les études et les chiffres qui démontrent l’efficacité de la vaccination ne sont pas difficiles à trouver. Pour exemple, ce graphique de la Public Health England reportant les cas de rougeole de 1940 à 2010 avec une diminution nette et significative des cas après l’introduction du vaccin en 1968. La rougeole se manifestait sous forme de pics d’épidémie pour ensuite diminuer drastiquement en parallèle de l’apparition de la vaccination, jusqu’à sa disparition.

En conclusion

Finalement, à toi de te forger ta propre opinion suite aux arguments et contre-arguments exposés dans cet article et avec une goutte de bon sens. La seule chose dont on peut être sûr, c’est que ce débat vieux comme la vaccination est loin de prendre fin…

Pour approfondir le sujet :
L’article de futura science sur les vaccins
Graphiques sur l’efficacité de la vaccination
L’histoire de Wakefield et son étude sur l’autisme
Encore l’histoire de Wakefield (non, ce n’est jamais assez raconté)
Encore Wakefield…
La page Wikipédia sur la controverse
Un communiqué de l’académie de médecine (et les sources scientifiques)
Un article sur le mouvement anti-vaccination
Un site internet défenseur de la liberté vaccinale

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